De qui préférez-vous avoir peur ?

Connaissez-vous ce jeu que je trouve horrible, qui s’appelle « Tu préfères » ? On y pose des questions avec deux situations embarrassantes, gênantes, parfois angoissantes, et il faut choisir celle que l’on préfère.

Quelques exemples :

  • Être recherché par la police ou être recherché par la mafia ?
  • Ne plus jamais faire la queue ou ne plus jamais être dans un embouteillage ?
  • Gagner 100 000 € maintenant ou 1 million dans 10 ans ?
  • Vivre sans chauffage en hiver ou sans climatisation en été ?
  • Respirer sous l’eau ou pouvoir voler ?
  • Vivre une heure avec un serpent autour du cou ou avec des araignées sur les mains ?

Aucun de ces choix n’est vraiment confortable. Pourtant il faut choisir.

J’ai pensé à ce jeu en méditant ce verset qui sera le point de départ de notre réflexion :

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Matthieu 10.28)

Alors la question devient beaucoup plus sérieuse : Préférez-vous craindre les hommes qui peuvent vous tuer, ou Dieu qui peut vous condamner à l’enfer ?

Dès que nous entendons le mot enfer, nous avons tendance à l’éloigner de notre pensée. Pourtant Jésus le place au cœur de son enseignement. Et il le fait dans un contexte très précis : il envoie ses disciples dans le monde, comme des brebis au milieu des loups, pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui s’est approché.

Il les prévient qu’ils auront à faire face à la persécution, à l’opposition, à l’oppression. Mais il leur donne un cap : craindre Dieu plutôt que les hommes.

Cela nous amène à une chaîne de réflexion :

  • Comment craindre Dieu plutôt que les oppresseurs humains ?
  • Notre crainte dépend de quoi ?
  • De notre confiance en Dieu.
  • Et cette confiance se construit sur quoi ?
  • Sur la Parole de Dieu.

Paul écrit :

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10.17)

Il y a deux vérités dans ce verset.

La première est universelle : la foi vient de ce qu’on entend. Quelqu’un me dit que mon lacet est défait, je regarde ma chaussure. Quelqu’un me dit que j’ai une tache sur mon vêtement, je vérifie. Nous réagissons naturellement à ce que nous entendons.

La seconde vérité est spécifique aux chrétiens : ce qu’on entend vient de la parole de Christ. Plus nous entendons la voix de Christ, plus notre foi grandit, plus notre confiance en Dieu devient solide, plus notre crainte de Dieu devient juste.

Notre responsabilité se trouve donc dans le fait d’entendre ce que Christ nous dit. Et cela passe principalement par deux moyens :

  • la lecture et la méditation quotidienne de la Parole de Dieu ;
  • la recherche quotidienne d’être le temple du Saint-Esprit.

La Parole lue, méditée, digérée, puis rappelée par le Saint-Esprit dans les combats de la vie : voilà ce qui construit une crainte saine de Dieu et nous permet de tenir ferme face aux événements qui ébranlent le monde, face aux discours séduisants, face aux discours de haine.

Plus nous faisons ces deux choses, plus nous devenons solides.

Mais soyons honnêtes : ce n’est pas si simple. Dans toutes les situations de notre vie, nos yeux voient autre chose, nos oreilles entendent d’autres voix, et ces autres nourritures viennent influencer nos peurs.

Faut-il alors fermer les yeux et boucher nos oreilles ? Non. Dieu ne nous appelle pas à vivre cachés dans une grotte. Il nous appelle à être une lumière dans le monde.

I. Une foi qui va devenir de plus en plus difficile à assumer sans turbulence

Dans Jean 6, plusieurs disciples disent de Jésus :

« Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ? » (Jean 6.60)

Et le texte ajoute que beaucoup se retirèrent et n’allaient plus avec lui. Déjà du temps de Jésus, sa parole était jugée trop tranchante, trop dérangeante.

Alors aujourd’hui ?

Dire que nous croyons à l’existence d’Adam et Ève, que Jésus est venu comme Sauveur, qu’il a versé son sang pour nos péchés, qu’il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, croire à son retour, à la fin des temps, à Armageddon… tout cela devient de plus en plus difficile à assumer publiquement.

Pourquoi ?

Parce qu’aux oreilles du monde, cela sera :

  • du ridicule,
  • de la folie,
  • du conservatisme religieux,
  • un sujet offensant,
  • ou un discours assimilé à un courant politique.

Je ne parle même pas des sujets encore plus sensibles où certains passages de la Parole peuvent être mis de côté en fonction du niveau de notre foi. Et ces regards du monde nourrissent notre peur. Ils peuvent nous faire taire.

Pourtant, l’objectif de l’envoi des disciples est clair :

« Partout où vous passerez, annoncez que le règne des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, rendez purs les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10.7-8)

L’objectif de la persécution du monde et de Satan est simple : nous fermer la bouche.

Marc 16 nous rappelle notre mission :

« Allez dans le monde entier et annoncez la Bonne Nouvelle à toute la création. »

Notre Dieu nous appelle donc à assumer notre foi. Comme du temps de Noé, les hommes peuvent ne plus se soucier de Dieu, de la morale, de la vérité. Mais l’espérance doit continuer d’être annoncée.

II. Un voleur ou un papa ?

Que préférez-vous : la peur d’un voleur ou la peur d’un papa ?

La peur du voleur est liée à l’inconnu, à la menace, à l’insécurité. Elle peut laisser des traumatismes profonds.

Pourquoi les films d’horreur fonctionnent-ils si bien ? Parce qu’ils jouent sur la peur de la mort, sur l’adrénaline, sur le besoin de se faire peur. Mais souvent, au lieu de combattre la peur, ils la nourrissent.

La peur d’un papa équilibré est différente. C’est la crainte qui naît lorsqu’il y a désobéissance, lorsque celui qui nous aime le plus hausse le ton pour nous protéger d’un danger.

Imaginez une maman qui voit son petit garçon sur le point de boire du Destop. Elle crie : « Non ! » L’enfant sursaute, pleure, a peur. Mais pourquoi la mère a-t-elle crié ? Par haine ? Non. Par amour. Elle le prend ensuite dans ses bras et lui dit : « Je ne suis pas en colère contre toi ; je t’aime tellement que je ne veux pas que tu te fasses du mal. »

La colère peut donc jaillir d’un grand amour. Les colères de Dieu sont aussi des souffrances d’amour. Dieu crie « stop » lorsqu’il voit l’homme courir vers sa propre destruction. Il m’est arrivé de faire peur à Théo ou Joy de cette manière, non pour le plaisir de leur faire peur, mais pour les protéger. Et ils savent que cette autorité vient de l’amour. Le voleur, lui, ils ne le connaissent pas. Il n’y a aucune sécurité dans cette peur-là.

Dans notre culture, la peur de Dieu a souvent été déformée. À cause du péché, nous avons peur du jugement, de la sévérité de Dieu. Pourtant Jésus ajoute immédiatement après :

« Les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point ; vous valez plus que beaucoup de passereaux. » (Matthieu 10.30-31)

Dieu n’est pas ce père fouettard que le diable veut nous faire imaginer. Oui, il est redoutable. Oui, il est un feu dévorant. Mais il est aussi un Père juste, d’un amour fou. David l’avait compris lorsqu’il choisit de tomber entre les mains de Dieu plutôt qu’entre les mains des hommes :

« Tombons entre les mains de l’Éternel, car ses compassions sont immenses ; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes. » (2 Samuel 24.14)

Plus une personne inspire confiance, plus elle devient respectable et admirable.

III. Ce n’est plus moi qui vis

La peur nous quitte lorsque nous sommes morts à nous-mêmes. Si vous placez votre confiance en Dieu, vous n’avez plus besoin de protéger votre vie comme un trésor absolu.

David peut dire :

« L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ? L’Éternel est le soutien de ma vie : de qui aurais-je crainte ? » (Psaume 27.1)

Et l’auteur de l’épître aux Hébreux ajoute :

« Le Seigneur est mon secours, je ne craindrai rien ; que peut me faire un homme ? » (Hébreux 13.6)

Après l’ascension de Jésus, les disciples auraient pu fuir par peur, comme au moment de la crucifixion. Mais remplis du Saint-Esprit, ils répondent aux autorités :

« Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4.20)

Quel changement !

Pierre, qui avait renié Jésus par peur des hommes, devient un homme qui préfère obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Et au chapitre 5, les apôtres sont même heureux d’avoir été jugés dignes de souffrir pour le nom de Christ. Cela paraît fou, mais cela montre qu’une peur a été remplacée par une autre réalité : l’assurance de la foi.

Jésus l’avait annoncé :

« Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. » (Matthieu 10.39)

As-tu encore peur de la mort ? C’est humain. Mais je vous invite à craindre davantage de manquer le retour de Christ que de perdre cette vie passagère.

Conclusion : Oui, nous préférons l’éclair au couteau

Jésus annonce des temps difficiles :

« Vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom… Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24.9-13)

Puis il ajoute :

« Comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. » (Matthieu 24.27)

Oui, nous préférons l’éclair au couteau. Je préfère être saisi par le retour glorieux de Christ que d’avoir eu tellement peur des hommes que j’aurais fini par le renier.

Jésus lui-même a connu l’angoisse de Gethsémané. La peur de la souffrance était réelle dans son humanité. Mais il a remis sa vie entre les mains du Père, celui qui pouvait le ressusciter.

Alors attachons-nous davantage au ciel. Ne laissons pas les peurs de ce monde éteindre notre flamme. Restons attachés à la Parole, à la prière, à la communion du Saint-Esprit. Et que notre cœur puisse dire avec assurance :

« Non, je n’aurai pas peur pour demain, mon espérance est en toi. »

Amen.


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